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 Le moine Colomban, une vie, un voyage

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MessageSujet: Le moine Colomban, une vie, un voyage   Mar 18 Déc - 20:31

LE MONACHISME IRLANDAIS

Aux IVème et Vème siècles, les pays celtes des îles britanniques développèrent un christianisme original. A la fin du VIème siècle, un mouvement missionnaire entraîna de nombreux moines d’Irlande à quitter leur pays pour un exil volontaire afin d’évangéliser les nations. L’arrivée en Gaule du moine Colomban et ses disciples est l’un des évènements majeurs de cette époque, qui apporta une spiritualité nouvelle au christianisme médiéval. Et la vie de Colomban est une extraordinaire aventure humaine.

Le monachisme s’implanta très tôt dans les pays celtes, sans doute sous l’influence des moines de l’île de Lérins. Il prit en Irlande des caractères originaux. Les monastères étaient de petits villages dirigés par des chefs de clans. Les moines y menaient une vie très austère marquée par l’ascétisme. Le travail physique y est épuisant et les mortifications nombreuses: bains glacés, longues prières à genoux et les bras en croix, veilles, jeûnes, etc. Les moines irlandais ne font pas vœu de stabilité, ce leur est un devoir de propager la bonne nouvelle. En fait, c’est une forme de renoncement: quitter son pays pour aller, guidé par Dieu seul, mener une vie errante à son service– c’est la peregrinatio.



LA PEREGRINATIO DE COLOMBAN

Colomban était moine à l’abbaye de Bangor quand il décida de partir avec douze compagnons. Ils passèrent en Angleterre, puis en Gaule, où ils gagnèrent le royaume de Bourgogne, fondant un monastère à Annagray (actuelle Haute-Saône), en 590. Celui-ci essaima, donnant le jour aux fondations de Luxeuil et Fontaine. Mais Colomban s’attira l’inimitié du roi de Bourgogne Thierry II et de sa grand’mère Brunehault, reprochant au roi ses mœurs dissolues et la présence à la cour de concubines royales. De plus, les évêques du royaume voyaient d’un mauvais oeulil ces moines irlandais, qui leur faisaient concurrence et cultivaient, comme en Irlande, une certaine indépendance vis-à-vis du pouvoir épiscopal. Privé d’appuis, Colomban fut donc raccompagné sous bonne garde jusqu’à Nantes.

Embarqué pour l’Irlande, Colomban vit son bateau rejeté sur la côte par une tempête; voyant là un signe de Dieu, il reprit sa route errante à travers la Gaule mérovingienne, et arriva près du lac de Constance où il fonda le monastère de Bregenz, dans le royaume d’Austrasie. Mais en 612, la victoire de Thierry II sur le roi Théodebert le contraignit à reprendre la route.

Il parvint alors en Italie, où le roi lombard Agiluf l’autorisa à fonder un monastère à Bobbio. C’est là qu’il mourut, en 615, âgé de 75 ans. Quelques années plus tard, un de ses disciples, Jonas de Bobbio rédigea une Vie de saint Colomban, racontant l’extraordinaire parcours du saint fondateur.



L’INFLUENCE DU MONACHISME COLOMBANIEN

L’action missionnaire de Colomban revivifia le mouvement monastique en Gaule mérovingienne, où il avait souffert des troubles politiques. Certains disciples de Colomban fondèrent également des monastères, comme Gall (Saint-Gall en Suisse actuelle). Puis une nouvelle génération de moines missionnaires, disciples des moines irlandais, prit le relais, comme Philibert, fondateur de Jumièges (Normandie actuelle). La règle de Colomban finit par être intégrée à la règle bénédictine, mais en disparut lors de réformes ultérieures.

Mais il nous reste du passage des moines irlandais la pratique de la pénitence privée. En Gaule, n’existait auparavant que la pénitence publique, et qui ne pouvait avoir lieu qu’une fois dans la vie; en cas de récidive, on était chassé de l’Eglise. Or, les moines se confessaient régulièrement à leur abbé, qui leur donnait des pénitences adaptées. L’idée vint d’appliquer ce système aux laïcs, et Colomban et ses disciples le propagèrent sur leur passage. C’est là l’origine de la confession privée, telle qu’elle existe encore. Les moines irlandais ont donc marqué durablement l’histoire de la spiritualité chrétienne.



Telle fut la peregrinatio de Colomban, d’Irlande en Italie, et qui dura 25 ans!
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MessageSujet: Re: Le moine Colomban, une vie, un voyage   Mar 18 Déc - 21:17

Bonjour,

Un site incontournable sur ce sujet:
http://www.chez.com/menarpalud/bienvenue.htm

Une partie de la région où j'habite (la Brie dans le nord de la Seine-et-Marne) a été christianisée au 7° siècle par un moine irlandais, Fiachra, qui a fondé un monastère à quelques kilomètres de chez moi (aujourd'hui Saint-Fiacre).
Dans la région, on retrouve pas mal de traces du passage ou de l'implantation d'autres irlandais à cette époque.

Le culte de saint Fiacre s'est répandu à travers toute l'Europe du nord, en particulier en Bretagne, et surtout dans le Finistère, les Côtes d'Armor et l'Ille et Vilaine où il est parfois considéré comme un saint "breton"
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MessageSujet: Re: Le moine Colomban, une vie, un voyage   Mer 19 Déc - 21:49

Citation :
LE MONACHISME IRLANDAIS

Aux IVème et Vème siècles, les pays celtes des îles britanniques développèrent un christianisme original. A la fin du VIème siècle, un mouvement missionnaire entraîna de nombreux moines d’Irlande à quitter leur pays pour un exil volontaire afin d’évangéliser les nations. L’arrivée en Gaule du moine Colomban et ses disciples est l’un des évènements majeurs de cette époque, qui apporta une spiritualité nouvelle au christianisme médiéval. Et la vie de Colomban est une extraordinaire aventure humaine.

Le monachisme s’implanta très tôt dans les pays celtes, sans doute sous l’influence des moines de l’île de Lérins. Il prit en Irlande des caractères originaux. Les monastères étaient de petits villages dirigés par des chefs de clans. Les moines y menaient une vie très austère marquée par l’ascétisme. Le travail physique y est épuisant et les mortifications nombreuses: bains glacés, longues prières à genoux et les bras en croix, veilles, jeûnes, etc. Les moines irlandais ne font pas vœu de stabilité, ce leur est un devoir de propager la bonne nouvelle. En fait, c’est une forme de renoncement: quitter son pays pour aller, guidé par Dieu seul, mener une vie errante à son service– c’est la peregrinatio.

Juste quelques petites précisions Smile

Difficile de parler de christianisme des pays celtes au IV siècle puisque le diocèse des Bretagnes est on ne peut plus romain ! Le christianisme se développe courant du IIIe siècle en Britannia, d'ailleurs l'empereur romain qui le consacra religion officielle de l'empire y fut sacré : il s'agît de Constantin le Grand au début du IVe siècle.

Le monaschisme insulaire fut en partie influencée par St Martin de Tours, il connut le succès qu'on lui connaît dans les Iles Britanniques grâce à leur société peu urbanisée du moins la Britannia romaine mise à part.

Les saints 'celtiques' mettaient en avant ce qu'ils appelaient le martyr vert. Ne pouvant finir massacrés par les païens pour faire don de leur vie à leur foi (le 'martyr blanc'), ils s'isolaient donc dans des endroits particulièrement inhospitaliers.
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